Ministère de l’Egalité des Chances

Sceau de Republique Gabonaise

21ème anniversaire de la ratification des droits de l’enfant

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Madame le Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique, et Chère Collègue,

Excellence Monsieur le Représentant Sous Régional de l’UNICEF,

Monsieur le Maire du 1er Arrondissement de la Commune de Libreville,

Madame la Directrice de l’Ecole Publique d’Alibandeng,

Distingués invités en vos rangs, grades, qualités et fonctions considérés,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Je vous prie, tout d’abord, de bien vouloir recevoir mes remerciements personnels, et ceux de l’ensemble des agents du Ministère des Droits Humains et de l’Egalité des Chances, pour votre présence à cette cérémonie, conviviale certes, mais hautement symbolique qui célèbre un des actes nationaux forts au bénéfice de l’Enfance gabonaise, c’est-à-dire la ratification de la Convention relative aux Droits de l’Enfant par notre pays.

Ce devoir de gratitude s’adresse principalement au précieux et avisé partenaire qu’est l’UNICEF, sans qui cet événement n’aurait tout simplement pas eu lieu. C’est dire, le rôle toujours plus déterminant et crucial que ne cesse de jouer cette institution dans l’affirmation des Droits de l’Enfant au Gabon. Aussi, ne puis-je que réitérer ma sincère reconnaissance à l’UNICEF pour cette sollicitude aussi louable que réconfortante.

Madame le Ministre, Distingués invités, Excellences, Mesdames et Messieurs,

En date du 20 novembre 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies, adopta la Convention relative aux Droits des Enfants,instrument parmi les plus importants du dispositif légal international en faveur des enfants du monde entier et de leurs droits.

En toute souveraineté et conscient de son engagement dans le concert des nations, le Gabon prit à son tour la décision, le 09 février 1994, de donner force et vigueur juridiques à ladite Convention en la ratifiant et, ainsi, permettre son application sereine au plan national et pour le bien de la prime jeunesse de notre pays.

Ce moment important, qui symbolise avec à propos l’engagement de l’Etat pour la primauté des valeurs humaines essentielles, aura constitué une amorce du pays vers plus de considération et de soins à l’égard de ces jeunes personnes.    

Vingt-et-un ans plus tard,il faut avoir le courage et la sincérité de reconnaitre le caractère mitigé de la situation relative au respect desdits Droits en République gabonaise.

En effet, comme je le soulignais déjà lors d’une circonstance analogue récente, l’Enfant vivant sur le territoire national est quotidiennement confronté à la violation de ses droits ; il subit nos comportements blâmables d’adultes, de parents et d’acteurs de la vie publique. Dans un tel contexte, on déplore ainsi les violences diverses, exercées directement ou indirectement sur cette frange fragile de notre population, via notamment des faits d’exploitation avilissante, d’instrumentalisation politique et diverse, de grèves à répétitions, de viol, d’inceste, et aussi de crimes de sang, dont ceux dits rituels.

De plus, on peut y noter la persistance en matière de privation ou d’entrave au droit à l’éducation, les harcèlements de toutes natures en milieu scolaire ou familial et autres, et le trafic en tous genres des enfants.

Toutefois, ce triste tableau ne saurait, fort heureusement, constituer le seul élément d’intérêt dans l’observance de la situation socio-juridique, voire judiciaire, de nos enfants.

A la lumière de l’étude nationale réalisée conjointement par les instances étatiques habilitées et l’UNICEF en 2010, le Gouvernement gabonais n’a eu de cesse d’initier un certain nombre d’actions visant, entre autres, une plus grande efficience dans l’application de toutes les dispositions garantissant la protection des enfants. Il en est ainsi, notamment, de l’adoption de la loi n° 9/2004 relative à la prévention et à la lutte contre le trafic des enfants en République gabonaise, tout comme du vote de la loi n° 39/2010 portant régime judiciaire de protection des mineurs.

Ce dynamisme est d’autant plus soutenu qu’il se fonde sur la volonté permanente de notre pays à s’arrimer aux processus évolutifs en matière de prise de textes universels visant la condition humaine en général, et celle de l’Enfant en particulier. Cette bonne disposition du Gabon se manifeste, par exemple, par la tenue actuellement à jour des rapports initial et périodique sur l’état de mise en œuvre de la Convention que nous fêtons ce jour ; rapports devant être soumis à l’examen périodique devant les organes compétents de l’Union Africaine et des Nations Unies, respectivement en novembre puis en janvier prochains.

Madame le Ministre, Excellences Mesdames et Messieurs,

Le thème de la présente commémoration, c’est-à-dire « Pour un Gabon digne de ses Enfants », m’interpelle, car je sais que lorsqu’il n’y a plus de vision d’avenir, le peuple s’abandonne au désordre.

Aussi, permettez moi de vous proposer, les principes et les valeurs, qui peuvent soutenir un Gabon digne de ses enfants.

Parmi ces principes, celui de la solidarité comprend en une certaine mesure tous les autres. Ce principe est illuminé par la primauté de la charité.

Que chacun mette au service de la communauté le don qu’il a reçu, car personne n’affermit sa position par la méchanceté, bien au contraire.

L’amour doit être présent dans tous les rapports sociaux et les imprégner. En particulier ceux qui ont le devoir de pourvoir au bien et au bien être du jeune gabonais, doivent s’appliquer à nourrir en eux même et à faire naître dans les autres, du plus humble au plus élevé, la charité, reine et maîtresse de toutes les vertus. Car celui qui fait la sourde oreille aux cris des pauvres, aux appels des démunis, n’obtiendra pas de réponse quand lui-même appellera au secours.

De même que chez les enfants, et aussi chez les adultes, l’espoir qui tarde à venir attriste le cœur, et lorsqu’il n’y a plus de vision d’avenir, c’est l’abandon au désordre.

Par conséquent, l’égoïsme est l’ennemi le plus nuisible d’une société ordonné.

Pour rendre le Gabon plus humain, plus digne de ses enfants, il faut revaloriser l’amour dans la vie sociale, au niveau politique, économique et culturel, en en faisant la norme constante et suprême de l’action.

En effet, s’il est vrai que la bonté fait du bien à celui qui l’exerce, la cruauté se retourne contre son auteur.

Et sachez que celui qui refuse d’être éduqué par l’amour et dans l’amour, tout comme celui qui refuse d’éduquer dans l’amour et par l’amour, celui là sera pauvre et méprisé.

L’amour devra donc animer tous les secteurs de la vie humaine, car seul le règne d’une civilisation d’amour au Gabon, fera jouir à nos enfants d’une paix authentique et durable.

Chers Parents, n’irritez pas vos enfants, mais élevez les en les corrigeant et en les avertissant avec bienveillance.

Chers enfants, ne rejetez ni les conseils, ni l’instruction de vos parents. Que le discernement et la prudence vous guident ; ne vous en éloignez jamais. Car le plus grand bonheur d’une mère, d’un père, est d’avoir donner la vie à un enfant qui se révèlera juste et sage

Chers éducateurs et enseignants, il y a un temps pour tout ; un temps pour pleurer et un temps pour rire ; un temps pour la guerre et un temps pour la paix ; un temps pour la grève et un temps pour la trêve.

Vous savez, l’homme de pouvoir apprécie qu’on lui parle honnêtement, il aime ceux qui osent la vérité.

Mais, même si la grève est légitime au départ, elle devient moralement inacceptable lorsqu’elle s’accompagne de violences ou encore si on lui assigne des objectifs non directement liés aux conditions de travail ou contraires au bien commun.

C’est dans le calme et la confiance que sera votre force.

Madame le Ministre, Monsieur le Représentant Sous Régional, Excellences et Distingués invités, Chers Compatriotes,

Pour nos enfants, pour l’avenir de ce pays, pour la dignité du Gabon, je nous invite plus qu’avant à acquérir la sagesse, et par elle l’intelligence. Etreignons la, et elle nous élèvera ; embrassons la et elle nous fera gloire. Saisissons l’instruction, ne la lâchons pas, retenons la car elle est notre vie.

Je vous ai proposé la trêve sociale récemment.

Aujourd’hui, et pour un Gabon digne de ses enfants, je vous offre l’Amour Social !

Que DIEU Bénisse et Protège le Gabon !

Je vous remercie.    

                                                                               Le Ministre                      

                                                         

                                                                     Alexandre Désiré TAPOYO

Publié le : 18 / 05 / 2015